Productions

Logo de l’Observatoire des compétences psychosociales et du bien-être en contextes éducatifs (OBE)

Résumé des projets portés par l’OBE

La littératie en santé mentale des enfants

Ce projet s’inscrit dans une démarche préventive liée aux enjeux de la santé mentale des enfants en partant du constat que la moitié des problèmes de santé mentale chez les adultes trouvent leur origine dans l’enfance et qu’un enfant de l’école primaire sur 5 en Europe souffre d’un problème de santé mentale (Husky et al., 2018 ; Jones, 2013). Pour répondre à cette problématique, la Littératie en Santé Mentale (LSM) est présentée comme une approche efficace. La LSM inclut : (1) de connaître la santé mentale et savoir repérer ses changements au niveau des émotions, des comportements, des styles de vie, des routines, des activités, de la motivation et du corps ; (2) de savoir quand et comment rechercher de l’aide ; (3) de connaître les sources d’aide disponibles ; (4) de connaître ce qui influence la santé mentale – facteurs de protection et facteurs de risque ; (5) de mettre en place des stratégies d’adaptation et de résilience ; et (6) de savoir quelles attitudes avoir face à un problème de santé mentale et lutter contre la stigmatisation (Bale et al., 2020).

L’objectif de ce projet est de co-créer et évaluer une première intervention pour améliorer la littératie en santé mentale des enfants. L’intervention doit être basée sur l’approche « whole-school » et la théorie, créée avec différentes parties prenantes dont les enfants et utiliser plusieurs supports. L’intervention se base sur le kit pédagogique “Le Jardin du Dedans®” (https://www.psycom.org/agir/la-promotion-de-la-sante-mentale/le-jardin-du-dedans/) qui présente la santé mentale comme un jardin à arroser, un jardin qui fait face aux intempéries de l’hiver et profite du soleil de l’été. Le kit sera agrémenté par des livrets, des vidéos, des livres audios. L’évaluation de l’intervention se fera par une phase pilote, un essai randomisé en cluster et des entretiens semi-dirigés. La phase test de l’évaluation vise à observer (qualitativement) faisabilité, acceptabilité, efficacité. L’essai avec les entretiens serviront à montrer l’efficacité de l’intervention en termes d’augmentation des niveaux de littératie.

Pour mesurer la littératie en santé mentale des enfants, une échelle doit être développée et validée. Les items doivent être basés sur une théorie établie et validés avec des analyses psychométriques. L’évaluation de l’échelle se fera par un premier recueil auprès de 300 enfants, des analyses factorielles exploratoires et confirmatoires, des calculs des coefficients type Cronbach etc. Un deuxième recueil avec 150 enfants du bras intervention et 150 du bras contrôle permettra d’observer la fiabilité de l’échelle et la sensibilité au changement.

Enfin, la politique doit intégrer les interventions de littératie en santé mentale dans les programmes de l’éducation nationale et faire du plaidoyer basé sur des preuves. Ainsi, une note politique sera écrite sur la base des résultats obtenus.

Responsable scientifique du projet : Ilaria MONTAGNI (ilaria.montagni@u-bordeaux.fr)

Références

Bale J, Grové C, Costello S. Building a mental health literacy model and verbal scale for children: Results of a Delphi study. Child Youth Serv Rev. 2020; 109:1-10.

Husky MM, Boyd A, Bitfoi A, Carta MG, Chan-Chee C, Goelitz D, et al. Self-reported mental health in children ages 6–12 years across eight European countries. Eur Child Adolesc Psychiatry. 2018;27(6):785-795.

Jones PB. Adult mental health disorders and their age at onset. Br J Psychiatry. 2013; 54: s5-10.

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Développement des compétences psychosociales à l’adolescence

Apprendre et réussir à l’école ne dépend pas uniquement de compétences cognitives. Ainsi, les compétences psychosociales (CPS) favoriseraient l’adaptation de l’enfant à l’environnement scolaire, et par rebond l’acquisition de connaissances et compétences académiques (Courbet & Villemonteix, 2022). Si les CPS sont associées au devenir scolaire des élèves, elles représentent également à court et à moyen terme un prédicteur de leur bien-être psychique (Durlak et al., 2011). À long terme, elles ont une influence positive sur la santé et l’espérance de vie, le statut professionnel et socio-économique, ainsi que sur le bien-être social et personnel (OECD). L’adolescence représente une période de changements physiologiques et psychologiques importants (Habib & Cassotti, 2017). Le passage au collège s’accompagne de changements dans les relations sociales et de nombreux changements dans le développement physique et cognitif. Les élèves sont confrontés à de multiples défis au cours de cette période, dont l’augmentation de la comparaison sociale entre pairs et de la compétition scolaire, qui peuvent entraîner une diminution de l’estime de soi et des liens avec l’école, ainsi qu’une augmentation de l’anxiété et de la solitude (Cappella et al., 2019). Le début de l’adolescence peut correspondre à une vulnérabilité accrue aux problèmes émotionnels et comportementaux, un désengagement de l’école et une diminution de l’influence positive des pairs (Steinberg, 2007). Ainsi, le milieu de l’adolescence correspond souvent à une période de diminution des compétences sociales et émotionnelles, en particulier du sentiment d’auto-efficacité, de la conscience sociale, de l’autorégulation et de l’autogestion.

Pour faire face à ce constat, différents programmes visant à promouvoir ces compétences se développent actuellement de par le monde. Les adolescents qui ont la possibilité de suivre ce type de programmes présentent des améliorations significatives en matière de communication, de prise de décision responsable et de résolution de problèmes, de régulation émotionnelle, et de résilience par rapport aux élèves ne suivant pas ces programmes (Green et al., 2021, 2022). Enfin, des préventions universelles, visant tous les adolescents, et menées en groupes apportent de meilleurs résultats sur l’amélioration des CSE, la réduction de la prise de risque et le développement d’attitudes positives vis-à-vis de soi, des autres et de l’école (Catalano et al., 2012 ; Durlak et al., 2011 ; Greenberg et al., 2017). Ce type de programme permet d’encourager une prise de conscience collective des risques et modifier les normes sociales en vigueur, en cas de valorisation des comportements à risque.

En France, depuis 2020, la stratégie autour de l’école promotrice de santé vise à intégrer la promotion de la santé et du bien-être des enfants et des adolescents au sein des établissement scolaire, en déployant des stratégies de renforcement des CPS.

Ce projet vise à élaborer un programme de développement des CPS à destination des adolescents, en particulier les adolescents en situation d’exclusion ou de décrochage scolaire, et à évaluer son impact. Nous nous appuierons sur l’aide d’acteurs de terrain, tel que le pôle prévention de la ville de Stains. Le programme élaboré visera à améliorer la capacité des adolescents à avoir conscience de leurs émotions, à réguler leurs émotions, à interagir de manière constructive avec leur environnement social, en vue de prendre des décisions responsables. Il se basera sur les connaissances scientifiques existantes en matière de développement émotionnel et social à l’adolescence. Il intégrera ainsi les aspects sociaux de l’adolescence, notamment l’influence des pairs. Ce programme s’appuiera sur un programme de développement des compétences émotionnelles élaborés pour les adultes (Kotsou et al., 2022), sur des outils déjà employés auprès des adolescents (Deplus, 2015 ; Reynaud et al., 2022). Il comportera également des éléments de type « le labo à l’école » visant à vulgariser les connaissances scientifiques en lien avec ces processus.

Responsable scientifique du projet : Marianne HABIB (marianne.habib@univ-paris8.fr)

Références

Cappella, E., Schwartz, K., Hill, J., Kim, H. Y., & Seidman, E. (2019). A National Sample of Eighth-Grade Students : The Impact of Middle Grade Schools on Academic and Psychosocial Competence. Journal of Early Adolescence, 39(2), 167‑200.

Catalano, R. F., Fagan, A. A., Gavin, L. E., Greenberg, M. T., Irwin, C. E., Ross, D. A., & Shek, D. T. (2012). Worldwide application of prevention science in adolescent health. The Lancet, 379(9826), 1653‑1664. https://doi.org/10.1016/S0140-6736(12)60238-4

Courbet, O., & Villemonteix, T. (2022). Compétences socioémotionnelles et apprentissages chez l’enfant. In Processus émotionnels en situation d’apprentissage (Habib, M.). ISTE Group. https://doi.org/10.51926/iste.9042.ch1

Deplus, S. (2015). La pleine conscience chez l’enfant et l’adolescent : Programmes d’initiation et d’entraînement. Mardaga.

Durlak, J. A., Weissberg, R. P., Dymnicki, A. B., Taylor, R. D., & Schellinger, K. B. (2011). The impact of enhancing students’ social and emotional learning : A meta-analysis of school-based universal interventions. Child Development, 82(1), 405‑432. https://doi.org/10.1111/j.1467-8624.2010.01564.x

Green, A. L., Ferrante, S., Boaz, T. L., Kutash, K., & Wheeldon‐Reece, B. (2021). Social and emotional learning during early adolescence : Effectiveness of a classroom‐based SEL program for middle school students. Psychology in the Schools, 58(6), 1056‑1069. https://doi.org/10.1002/pits.22487

Green, A. L., Ferrante, S., Boaz, T. L., Kutash, K., & Wheeldon-Reece, B. (2022). Effects of the SPARK Teen Mentoring Program for High School Students. Journal of Child and Family Studies, 31(7), 1982‑1993. https://doi.org/10.1007/s10826-022-02298-x

Greenberg, M. T., Domitrovich, C. E., Weissberg, R. P., & Durlak, J. A. (2017). Social and Emotional Learning as a Public Health Approach to Education. The Future of Children, 27(1), 13‑32.

Habib, M., & Cassotti, M. (2017). La prise de risque à l’adolescence. In Psychologie du développement (R. Miljkovitch, F. Morange-Majoux, E. Sander, p. 383‑390). Elsevier Masson.

Kotsou, I., Farnier, J., Shankland, R., Mikolajczak, M., Quoidbach, J., & Leys, C. (2022). Développer les compétences émotionnelles : En 8 séances : repères théoriques et pratiques, les séances pas à pas, outils et exercices.

Reynaud, L. (2022). Développer les compétences sociales et émotionnelles : Cycles 2 et 3 (préface de Rebecca Shankland).

Steinberg, L. (2007). Risk taking in adolescence : New perspectives from brain and behavioral science. Current Directions in Psychological Science, 16(2), 55‑59. https://doi.org/10.1111/j.1467-8721.2007.00475.x

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Enquête pour répertorier les pratiques innovantes à l’EN visant le bien-être à l’école

Le projet porte sur la réalisation d’une enquête destinée aux 30 CARDIE (Cellules académiques recherche-développement, innovation et expérimentation) de l’Éducation Nationale. Cette enquête menée par l’Observatoire du Bien-Être à l’École (OBE), vise à répertorier les projets innovants et les expérimentations en matière de bien-être à l’école, ainsi que leurs objectifs, leur cible, leur durée, leur évaluation, leurs résultats éventuels, les chercheurs éventuellement associés, etc. L’objectif est donc de dresser un état des lieux des pratiques innovantes en matière de bien-être à l’école, afin de faire connaître et favoriser le travail collaboratif entre chercheurs et acteurs de terrain, et de répertorier les interventions prometteuse, fondées sur les données probantes.

Cette enquête sera menée sous la direction de Christophe Marsollier, Inspecteur Général de l’Education Nationale, membre de l’OBE avec l’accord de la cheffe du bureau de l’innovation pédagogique à la DGESCO (Direction Générale de l’Enseignement Scolaire).

En outre, il est proposé de répertorier les sources d’information et de formation sur le bien-être à l’école, telles que les vidéos de conférences ou communications, les ouvrages, les articles, etc. par sous-thématiques du bien-être. Ce répertoire sera accessible sur le site de l’OBE, répondant ainsi à la demande croissante des acteurs de l’éducation de disposer d’une source fiable d’information et de propositions d’outils et d’expérimentations sur ce sujet.

Responsable scientifique du projet : SHANKLAND Rebecca (rebecca.shankland@univ-lyon2.fr)
Pilotage du projet : MARSOLLIER Christophe (christophe.marsollier@igesr.gouv.fr)

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Projet Pause-ressource : bien-être à la cantine

Le projet Pause-ressource (Bien-être à la cantine) a été créé pour répondre à un constat encore insuffisamment documenté concernant le mal-être des élèves pendant les temps de repas à la cantine. Les enquêtes menées auprès d’élèves de différentes académies ont révélé que près de 75 % des élèves n’apprécient pas ces temps de pause méridienne (OTCRA, 2021 ; OBE, 2022). Les facteurs de mal-être ne sont pas seulement liés à la qualité de l’alimentation, mais aussi aux interactions sociales et à l’environnement dans lequel se déroule ce temps de pause à l’école. La majorité des élèves français vont à la cantine au moins une fois par semaine durant leur scolarité, ce qui représente environ 75 % des 12,9 millions d’élèves scolarisés en 2021 (OTCRA, 2021 ; OBE, 2022). Les recherches se sont surtout concentrées sur la qualité et l’éducation nutritionnelles ainsi que sur la prévention de l’obésité, mais l’heure du déjeuner à la cantine est également une partie essentielle de la journée d’un élève où il peut se détendre et se ressourcer au milieu d’une longue journée d’école (Bauer et al, 2021 ; Graziose et al., 2019 ; Osowski et al., 2013 ; Williamson et al., 2013). Les élèves sont confrontés à de nombreux facteurs de stress scolaire qui peuvent être atténués par un environnement plus positif conduisant à un meilleur bien-être (Mann et al., 2021 ; Tapia-Fonllem et al., 2020). Bien que les recherches concernant le bien-être dans la cantine de l’école primaire soient rares, les résultats obtenus dans le cadre universitaire indiquent que le bien-être est effectivement important dans ce cadre (Lugosi, 2019). En outre, la plupart des études de recherche concernant le bien-être chez les enfants sont menées en milieu scolaire, où le temps consacré à l’éducation est de plus en plus organisé, laissant de moins en moins de place à une intervention quelconque, tandis que le temps de cantine semble pouvoir offrir un univers de possibles. Le projet Bien-être à la cantine vise donc à identifier les leviers d’intervention utiles pour améliorer le bien-être des élèves pendant les temps de repas à la cantine.

Le projet a pour objectif de documenter plus précisément les facteurs de bien-être et de mal-être, en observant les temps de pause méridienne et en interrogeant les acteurs concernés. L’objectif de l’année 1 est de documenter les facteurs de bien-être à la cantine. Dans un second temps, le projet vise à proposer des leviers d’action pour améliorer les dimensions évaluées comme importantes pour le bien-être des élèves à la cantine. Pour étudier ceci, une méthodologie mixte est utilisée avec une démarche pluridisciplinaire qui s’appuie sur une complémentarité des méthodes et des approches théoriques de la psychologie, de l’anthropologie, de la sociologie et des sciences de l’éducation et de la formation.

Responsables scientifiques du projet : SHANKLAND Rebecca (rebecca.shankland@univ-lyon2.fr) et HALLEZ Quentin (quentin.hallez@univ-lyon2.fr)
Pilotage du projet : El-JOR Claire (claire.el-jor@univ-lyon2.fr)

Références

Bauer, J. M., Bietz, S., Rauber, J., & Reisch, L. A. (2021). Nudging healthier food choices in a cafeteria setting: A sequential multi- intervention field study. Appetite, 160, 105106.

Graziose, M. M., Koch, P. A., Wolf, R., Gray, H. L., Trent, R., & Contento, I. R. (2019). Cafeteria noise exposure and fruit and vegetable consumption at school lunch: a cross-sectional study of elementary students. Appetite, 136, 130-136.

Lugosi, P. (2019). Campus foodservice experiences and student wellbeing: an integrative review for design and service interventions. International journal of hospitality management, 83, 229-235.

Mann, G., Kaiser, K., Trapp, N., Cafer, A., Grant, K., Gupta, K., & Bolden, C. (2021). Barriers, enablers, and possible solutions for student wellness: a qualitative analysis of student, administrators, and staff perspectives. Journal of School Health, 91(12), 1002- 1013.

Observatoire du Bien-être à l’Ecole, OBE (2022). Bien-être à la cantine : un premier état des lieux. Rapport d’enquête menée sur l’Académie de Lyon, non publié à ce jour.

Observatoire Territorial des Conduites à Risque de l’Adolescent, OTCRA (2021). Bien-être à l’école. Rapport d’enquête menée dans l’Académie de La Réunion, non publié à ce jour.

Osowski, C. P., Göranzon, H., & Fjellström, C. (2013). Teachers’ interaction with children in the school meal situation: The example of pedagogic meals in Sweden. Journal of nutrition education and behavior, 45(5), 420-427.

Tapia-Fonllem, C., Fraijo-Sing, B., Corral-Verdugo, V., Garza-Terán, G., & Moreno-Barahona, M. (2020). School environments and elementary school children’s well-being in northwestern Mexico. Frontiers in psychology, 11, 510.

Williamson, D. A., Han, H., Johnson, W. D., Martin, C. K., & Newton Jr, R. L. (2013). Modification of the school cafeteria environment can impact childhood nutrition. Results from the Wise Mind and LA Health studies. Appetite, 61, 77-84.

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Fiches – interventions pour développer le bien-être à l’école

L’objectif de ce projet est de recenser les interventions et les programmes visant à développer le bien-être à l’école en se basant sur une revue de littérature scientifique internationale. Cette étude cherche à délimiter le concept de bien-être et à contextualiser la manière dont il s’inscrit dans le champ scolaire en France. Elle vise également à distinguer les interventions dont l’efficacité peut être démontrée de celles pour lesquelles ce n’est pas le cas. L’objectif est de vulgariser ces programmes et connaissances scientifiques pour les mettre à disposition des professionnels de l’éducation.

Pour atteindre cet objectif, l’étude se focalise sur trois axes. Le premier axe consiste à travailler sur la définition du bien-être à l’école en établissant une fiche descriptive du bien-être du point de vue de l’OBE. Cette fiche vise à clarifier la définition du bien-être à l’école. Le deuxième axe consiste à créer des fiches portant sur des interventions validées visant le bien-être à l’école. Ces fiches seront accompagnées d’outils et d’évaluations permettant de mesurer leur efficacité. L’objectif est de publier ces fiches sur le site de l’OBE pour que les enseignants puissent s’en inspirer en vue de mettre en œuvre des interventions qui visent à développer le bien-être de leurs élèves. La création d’un set pour chaque intervention sera envisagée, comprenant une description précise de chaque intervention, les outils, les évaluations, ainsi que des alternatives et adaptations possibles. Le troisième axe vise à répertorier les outils existants pour évaluer le bien-être à l’école. Les outils existants seront rendus accessibles et il sera réfléchi à la possibilité d’en développer d’autres. Des fiches seront créées pour chaque échelle d’évaluation, en expliquant pour quel âge et quelle validité.

Tout au long de l’étude, les méta-analyses, les revues de littérature et des articles sur des recherches portant sur le bien-être à l’école seront analysés pour rédiger des articles courts de diffusion scientifique à destination des professionnels de l’éducation. Des événements importants concernant le bien-être à l’école seront également répertoriés et des actualités seront publiées sur la page de l’OBE.

Consulter les fiches : page Missions de l’OBE
Responsable scientifique du projet : Rebecca SHANKLAND (rebecca.shankland@univ-lyon2.fr)

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Etude des effets du lien à la nature en contexte scolaire sur le bien-être et l’attention des élèves

Alors que le monde ne cesse de s’urbaniser et que les individus passent de moins en moins de temps en contact régulier avec leurs environnements naturels, un intérêt scientifique est porté aux liens entre exposition à la nature et santé mentale (Beil et Hanes , 2013, Bell et al., 2001, Gifford et al., 2011, Hartig et al., 2014, Health Council of the Netherlands, 2004, Keniger et al., 2013, Parsons et Daniel, 2002, Spencer et Woolley, 2000 , Taylor et Kuo, 2006, Van Dillen et al., 2012). Ce projet vise à éclairer les apports chez l’enfant de la (re)connexion à la nature en contexte éducatif. Pour cela, nous souhaitons décrire et mieux comprendre les effets des temps scolaires passés en extérieur, au contact de la nature, sur les capacités cognitives (attention en classe, perception du temps), les compétences psychosociales, le bien-être, le sommeil et les activités physiques des élèves. Il s’articule autour de cinq axes principaux, dans lesquels s’inscrivent des études menées par des chercheurs de l’OBE en collaboration avec des écoles publiques proposant ou non le dispositif Ecole du Dehors d’une part, et des écoles privées proposant des pédagogies alternatives de type Montessori, Freinet et Forest School d’autre part.

1) Temps scolaires passés dehors et attention

Plusieurs études menées auprès d’élèves d’écoles maternelles et primaires visent à déterminer l’influence des temps scolaires passés en extérieur (en pleine nature) a) sur les rythmes journaliers et hebdomadaires de l’attention soutenue et b) sur les autres dimensions de l’attention, comparée aux temps scolaires passés en classe.

2) Temps scolaires passés dehors, compétences psychosociales et aptitudes à l’inhibition émotionnelle

Les compétences psychosociales sont définies comme la « capacité d’une personne à maintenir un état de bien être subjectif lui permettant de répondre de façon positive et efficace aux exigences et aux épreuves de la vie quotidienne, ce à l’occasion d’interactions avec les autres, sa culture et son environnement » (OMS, 1993). L’objectif de cette recherche est de comparer l’influence des temps scolaires en nature comparativement au temps scolaire en salle de classe sur les compétences psychosociales (incluant la régulation émotionnelle) en lien avec l’estimation temporelle et l’inhibition attentionnelle.

3) Temps scolaires passés « dehors », bien-être, sommeil, pratique d’activité physique, et la sensation de passage du temps

Dans le cadre de cet axe, des études portent sur l’influence de l’activité scolaire en pleine nature sur des facteurs fondamentaux pour les apprentissages tels que la qualité de sommeil, le bien-être et la sensation de passage du temps des activités pédagogiques, l’activité sportive pouvant influencer simultanément le bien-être, et la réussite académique. Outre l’influence du lien direct de la nature sur ces facteurs, les rapports qu’entretiennent entre eux les différents facteurs sont analysés.

4) Validation française de l’échelle de connexion à la nature chez l’enfant

Cet axe, transversal aux trois précédents pour des raisons méthodologiques, vise à valider la traduction française de l’échelle de connectivité à la nature chez l’enfant.

5) Temps scolaires passés « dehors » et créativité

Liée aux capacités d’adaptation et à la flexibilité cognitive (Nijstad et al., 2010), la créativité est la capacité à produire des réalisations à la fois nouvelles et adaptées aux contraintes du contexte dans lequel elles prennent place (Besançon & Lubart, 2015). Cette compétence apparait donc comme une variable d’intérêt pour les politiques éducatives (Rey & Feyfant, 2012). Il apparait que l’environnement scolaire (Studente et al., 2015) et la pédagogie (Besançon et al, 2015) sont susceptibles d’influer le potentiel créatif des enfants.

Or, si nous savons qu’un contact constant avec la nature favorise le bien-être (Berman, 2009) et la créativité (Williams et al., 2018), ainsi que le développement cognitif et psychologique des enfants (O’Brien, 2009), nous pouvons donc supposer que cela faciliterait également le développement du potentiel créatif qui est aujourd’hui une compétence recherchée et attendue.

Pour étudier ces liens, la batterie EPoC (Évaluation du Potentiel Créatif) sera proposée aux élèves en début et en fin d’année scolaire, au minimum pour sa dimension sociale (en passation individuelle), et éventuellement pour ses dimensions graphique (qui peut être proposée en collectif) et verbale.

Responsable scientifique et pilotage projet : Joanna LUCENET (joanna.lucenet@u-bordeaux.fr)

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Tous Épanouis À l’École (TEAL) : prévention du harcèlement scolaire

Le programme TEAL (Tous épanouis à l’école) est un programme visant à développer la qualité relationnelle des élèves pour prévenir le harcèlement scolaire. Ce programme s’inscrit dans une démarche globale de promotion du bien-être, en développant des compétences psychosociales jugées pertinentes pour lutter contre le harcèlement scolaire. Plusieurs recherches ont été conduites pour examiner l’efficacité des programmes de développement des compétences psychosociales dans la prévention du harcèlement scolaire. Certaines de ces études ont mis en évidence une corrélation entre le développement des CPS et une réduction de la victimisation et de l’agression (Hoareau et al., 2017). Selon la méta-analyse menée par Hoareau et ses collègues en 2017, parmi les onze programmes étudiés, « 63 % des programmes mis en œuvre ont permis de faire diminuer les comportements de harcèlement, et 50 % ont permis de réduire les comportements de victimation des élèves ».

Les compétences psychosociales ont été reconnues comme un déterminant du bien-être et un levier pour réduire la violence scolaire. Plusieurs compétences psychosociales précises ont été identifiées comme pertinentes. En effet, le développement de relations positives entre les élèves ainsi que la pratique de comportements prosociaux ont été considérés comme des leviers efficaces pour réduire la violence scolaire. De même, les interventions focalisées sur le renforcement de l’empathie des élèves ont également montré leur efficacité dans la lutte contre le harcèlement scolaire. Enfin, les programmes visant à soutenir les capacités de résolution de problèmes et enrichir les stratégies de coping des élèves ont également été identifiés comme favorables à la diminution du harcèlement entre élèves.

Le programme mis en place s’est donc focalisé sur le développement de ces compétences psychosociales spécifiques. Toutefois, il convient de noter que les recherches s’accordent à dire que la prévention du harcèlement scolaire nécessite une intervention globale pour favoriser son efficacité. Ainsi, il est important de mobiliser des leviers tels que l’implication de l’enseignant, la participation de la classe entière, la sensibilisation des familles, etc. C’est en raison de cela que l’implantation du programme TEAL se fait en collaboration avec les enseignants et la direction de l’école, la présence de l’enseignant est sollicitée lors des séances, des activités sont proposées en complément de l’atelier à faire en classe ou à la maison. L’activation de ces leviers a pour objectif de multiplier les occasions de développer les compétences ciblées par l’intervention et de favoriser la transmission des apprentissages dans les différentes sphères de vie de l’enfant.

Le programme s’est construit autour de critères reconnus comme efficaces concernant les actions de développement des compétences psychosociales. Il consiste plus concrètement en cinq séances d’intervention en milieu scolaire, destinées aux élèves scolarisés en CM1 et CM2. Les élèves participent à diverses activités ludiques et expérientielles qui les encouragent à développer leur capacité d’écoute empathique, à adopter des comportements d’entraide et de collaboration, et à résoudre des problèmes de façon constructive. Ils apprennent également à s’affirmer, demander de l’aide et expérimenter différentes stratégies d’autodéfense pour faire face au harcèlement scolaire. Le programme invite également les élèves témoins à se mobiliser et rechercher des solutions pour intervenir efficacement contre le harcèlement scolaire. L’objectif global de l’intervention est de développer une culture anti-harcèlement en encourageant l’évolution de la dynamique de groupe. Pour cela, l’intervention se base sur la psychologie positive, afin de diriger l’attention des élèves vers leurs ressources et leurs compétences, de stimuler leur confiance en eux-mêmes et de renforcer leur motivation à poursuivre leurs objectifs. Elle s’appuie également sur l’Approche Centrée Solution et l’engagement dans l’Action, une approche systémique ayant pour objectif de guider les élèves dans leurs apprentissages, considérés experts de leur propre vie et possesseurs de leurs propres solutions. Dans cette approche, ils sont guidés pour apprendre à déplacer leur concentration sur le futur souhaité et s’engager dans l’action pour résoudre leurs difficultés.

Les séances sont animées par des étudiants formés spécifiquement à ce programme, qui interviennent au sein de la classe durant 1h30. Une étude pilote de ce programme avait été réalisée l’année dernière et avait montré des résultats prometteurs dans la lutte contre le harcèlement scolaire, à savoir : une baisse de la victimation et une augmentation du sentiment de proximité sociale. Le programme TEAL est à présent expérimenté dans plusieurs écoles de la région Auvergne Rhône-Alpes.

Responsable scientifique du projet : Rebecca SHANKLAND (rebecca.shankland@univ-lyon2.fr)
Pilotage du projet : Floriane BOYER (f.boyer@univ-lyon2.fr)

Références

Hoareau, N., Bagès, C., & Guerrien, A. (2017). Développer les compétences psychosociales des élèves pour lutter contre le harcèlement scolaire : Une revue de la littérature. Canadian Psychology / Psychologie canadienne, 58(4), 379‑394. https://doi.org/10.1037/cap0000083

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Bien-être au collège

L’objectif de cette étude est de réaliser des observations et des entretiens au collège Saint-Exupéry à Saint Laurent du Var. Le caractère innovant de l’approche de ce collège réside en une volonté de viser l’amélioration du bien-être des élèves en offrant un environnement scolaire qui favorise leur épanouissement personnel et leur développement académique, dans une démarche de co-construction avec l’ensemble du personnel. Le collège a ainsi mis en place plusieurs initiatives pour atteindre cet objectif, ainsi que des modalités pédagogiques spécifiques visant à favoriser le bien-être et la réussite scolaire, notamment :

  • Des rituels en début de cours autour des compétences psychosociales
  • Des gestes pédagogiques orientés vers le renforcement du sentiment de compétence, d’autonomie et de proximité sociale des élèves.
  • Une gestion de classe fondée sur le développement d’un climat d’apprentissage serein.
  • Des cours d’éducation à la santé et au bien-être : les élèves suivent des cours sur la nutrition, le sommeil, l’exercice physique et la gestion du stress.
  • Des espaces de relaxation : le collège propose des espaces où les élèves peuvent pratiquer la relaxation pour aider à réduire le stress et l’anxiété.
  • Un environnement scolaire accueillant : le collège a aménagé des salles de classe avec des couleurs douces et des lumières tamisées pour créer un environnement d’apprentissage paisible.
  • Des activités extrascolaires variées : le collège propose des activités parascolaires comme le théâtre, le sport, les arts créatifs et la musique pour permettre aux élèves de développer leur créativité et leur confiance en soi. Les élèves peuvent également participer à des cours d’art thérapie pour exprimer leurs émotions et améliorer leur bien-être mental ou à des ateliers pour développer leur confiance en soi et leur estime de soi.
  • Des affichages muraux dans les couloirs de devises, proverbes, aphorismes et préceptes éducatifs visant à diffuser au sein de la communauté éducative un climat relationnel de confiance, d’exigence bienveillante et une culture de la relation éducative fondée sur l’éducabilité des élèves.
  • Un dispositif de tutorat entre pairs « Grands frère grandes sœurs » qui permet à des élèves de 3ème d’accompagner la scolarité d’élèves de 6ème

En mettant en place ces initiatives, le collège Saint-Exupéry vise la création d’un environnement scolaire où les élèves peuvent s’épanouir tout en réussissant sur le plan académique. L’étude a donc pour visée de récolter des données sur les outils et méthodes mis en œuvre au sein de ce collège afin de pouvoir identifier des leviers d’action pouvant être mobilisés par d’autres établissements scolaires par la suite.

Responsable scientifique du projet : Rebecca SHANKLAND (rebecca.shankland@univ-lyon2.fr)

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Accompagnement au déploiement des formations CPS et évaluation d’efficacité

Dans le cadre de l’instruction interministérielle « relative à la stratégie nationale multisectorielle de développement des compétences psychosociales chez les enfants et les jeunes – 2022-2037 » (19 août 2022), UNIRéS (réseau des universités pour l’éducation à la santé) porte un projet de structuration et d’évaluation des formations aux compétences psychosociales (CPS) en contexte scolaire. Financé par Santé Publique France, ce projet est déployé au sein de 5 académies pilotes (Limoges, Rennes, Créteil, Grenoble et La Réunion) sur deux ans (2023-2024), et comprend 3 volets :

  1. L’élaboration d’une cartographie des formations continues sur le développement des CPS auprès des acteurs académiques et non-académiques, afin d’identifier les formats existants, les besoins des professionnels en termes de formation, ainsi que les freins et les leviers favorables au déploiement de ces formations.
  2. La co-construction de dispositifs de formation au développement des CPS avec les formateurs CPS des académies concernées.
  3. Le déploiement et l’évaluation des dispositifs de formation (étude pilote de faisabilité, d’acceptabilité et d’efficacité) auprès des personnels de l’Éducation nationale et in fine des élèves.

Responsable scientifique du projet au niveau de l’OBE : Rebecca SHANKLAND (rebecca.shankland@univ-lyon2.fr)
Pilotage du projet au niveau de l’OBE : Clémence GAYET (doctorante : clemence.gayet@unires-edusante.fr) et Marine PAUCSIK (post-doctorante : marine.paucsik@unires-edusante.fr)

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Interactions soutenantes : former les enseignants à des interactions de qualité pour soutenir le développement psychosocial des élèves

Essai randomisé mené en 2025-2026 dans l’enseignement secondaire, académies de Créteil et de Paris

Les programmes d’apprentissage socio-émotionnel ont fait la preuve de leur efficacité en milieu scolaire (Cipriano et al., 2023). Leurs effets sont toutefois plus faibles à l’adolescence lorsqu’ils reposent principalement sur l’enseignement direct de compétences (Yeager, 2017). Une autre voie consiste à agir sur la qualité des interactions quotidiennes entre l’enseignant et ses élèves, décrite par le modèle Teaching Through Interactions (TTI) selon trois domaines : le soutien émotionnel, l’organisation de la classe et le soutien à l’apprentissage (Hamre et al., 2013). Dans le secondaire, un accompagnement centré sur ces interactions a déjà permis d’améliorer les résultats scolaires des élèves (Allen et al., 2011). Or les enseignants français figurent parmi les moins bien préparés de l’OCDE au développement des compétences psychosociales (OCDE, 2024).

Le dispositif « Interactions soutenantes »

Le dispositif associe seize heures de formation en présentiel, réparties sur deux journées et demie, et trois séances d’accompagnement par vidéo-feedback en visioconférence, en petits groupes de quatre à cinq enseignants, sur une dizaine de semaines. Chaque séance de formation porte sur l’un des trois domaines du modèle TTI et alterne mises en situation, apports théoriques, jeux de rôles, analyse de vidéos de classe et préparation d’une mise en œuvre dans sa propre classe. Lors de l’accompagnement, les enseignants analysent collectivement des extraits filmés dans leurs classes, en privilégiant les interactions réussies, ce qui renforce l’efficacité du vidéo-feedback (Fukkink et al., 2011 ; Kraft et al., 2018).

L’étude

Le dispositif a été évalué par un essai randomisé en grappes à trois groupes. Soixante-quatre enseignants volontaires de mathématiques et de sciences, exerçant dans 44 collèges et lycées, ont été répartis par tirage au sort des établissements entre un groupe expérimental (« Interactions soutenantes »), un groupe contrôle actif (formation académique aux compétences psychosociales de même volume, proposée par le groupe Bienveillance Coopération Réussites de l’académie de Créteil) et un groupe contrôle sans formation (liste d’attente). L’échantillon analysé comprend 51 enseignants et 795 élèves. Les mesures ont été recueillies avant la formation (novembre 2025), à l’issue de l’accompagnement (mars 2026) et en fin d’année scolaire (mai-juin 2026) : observation filmée des interactions en classe avec la grille CLASS-Secondary, questionnaires auprès des enseignants et des élèves. Deux études qualitatives complètent l’essai : des entretiens sur l’acceptabilité et la faisabilité du dispositif, et une analyse des séances d’accompagnement.

Principaux résultats

  • Des interactions de meilleure qualité : les enseignants du groupe expérimental ont nettement plus progressé que ceux des deux autres groupes en soutien émotionnel et en soutien à l’apprentissage. Les gains en soutien émotionnel, visibles dès la fin de l’accompagnement, se sont maintenus jusqu’à la fin de l’année. L’organisation de la classe, déjà très élevée au départ dans les trois groupes, n’a pas évolué différemment.
  • Des effets pour les enseignants : le sentiment d’efficacité personnelle, le style motivationnel favorable et la satisfaction au travail ont davantage progressé dans le groupe expérimental.
  • Un enseignement pour la formation : la formation aux compétences psychosociales a renforcé les compétences psychosociales déclarées par les enseignants, mais sans modifier leurs interactions observées en classe. Renforcer les compétences des enseignants ne suffit donc pas, à lui seul, à transformer leurs pratiques.
  • Chez les élèves : aucun effet moyen n’apparaît sur leurs compétences psychosociales ni sur leur bien-être à l’école au cours de l’année. Une analyse exploratoire suggère toutefois une compétence sociale et un bien-être à l’école plus élevés, par rapport au groupe sans formation, chez les élèves dont le niveau initial était faible.
  • Un dispositif bien accepté : les enseignants interrogés jugent le dispositif cohérent et en accord avec leurs valeurs professionnelles, et décrivent le développement d’une pratique réflexive durable. L’analyse des séances d’accompagnement montre que les changements se consolident soit en expérimentant de nouvelles pratiques et en observant leurs effets sur les élèves, soit en reconnaissant des compétences déjà mises en œuvre.

Ces résultats, issus d’articles en cours de publication, portent sur une seule année scolaire et devront être confirmés. Un suivi des élèves au-delà de l’année de formation permettra de vérifier si l’amélioration des interactions se traduit, à plus long terme, par un meilleur développement de leurs compétences psychosociales.

Articles issus du projet

Durand-Laville, L., Boizumault, M., Boyer, F., Ahmida, M., Gupta, S., Habib, M., & Shankland, R. Former les enseignants à des interactions soutenantes pour favoriser le développement psychosocial au secondaire : un essai randomisé en grappes comparant un dispositif centré sur les interactions à une formation aux compétences psychosociales.

Durand-Laville, L., Boizumault, M., Ahmida, M., & Shankland, R. Développer les compétences psychosociales des élèves par des interactions soutenantes en classe : ingénierie didactique, faisabilité et acceptabilité d’un dispositif de développement professionnel des enseignants.

Durand-Laville, L., Boizumault, M., Boyer, F., Damon-Tao, L., & Shankland, R. Training teachers in high-quality interactions with their students: What processes foster sustained changes during video-feedback coaching? A qualitative study.

Responsables scientifiques du projet : Rebecca SHANKLAND (rebecca.shankland@univ-lyon2.fr) et Magali BOIZUMAULT (magali.boizumault@u-bordeaux.fr)
Pilotage du projet : Laure DURAND-LAVILLE (laure.durand-laville@u-bordeaux.fr)

Références

Allen, J. P., Pianta, R. C., Gregory, A., Mikami, A. Y., & Lun, J. (2011). An interaction-based approach to enhancing secondary school instruction and student achievement. Science, 333(6045), 1034–1037. https://doi.org/10.1126/science.1207998

Cipriano, C., Strambler, M. J., Naples, L. H., Ha, C., Kirk, M., Wood, M., Sehgal, K., Zieher, A. K., Eveleigh, A., McCarthy, M., Funaro, M., Ponnock, A., Chow, J. C., & Durlak, J. (2023). The state of evidence for social and emotional learning: A contemporary meta-analysis of universal school-based SEL interventions. Child Development, 94(5), 1181–1204. https://doi.org/10.1111/cdev.13968

Fukkink, R. G., Trienekens, N., & Kramer, L. J. C. (2011). Video feedback in education and training: Putting learning in the picture. Educational Psychology Review, 23(1), 45–63. https://doi.org/10.1007/s10648-010-9144-5

Hamre, B. K., Pianta, R. C., Downer, J. T., DeCoster, J., Mashburn, A. J., Jones, S. M., Brown, J. L., Cappella, E., Atkins, M., Rivers, S. E., Brackett, M. A., & Hamagami, A. (2013). Teaching through interactions: Testing a developmental framework of teacher effectiveness in over 4,000 classrooms. The Elementary School Journal, 113(4), 461–487. https://doi.org/10.1086/669616

Kraft, M. A., Blazar, D., & Hogan, D. (2018). The effect of teacher coaching on instruction and achievement: A meta-analysis of the causal evidence. Review of Educational Research, 88(4), 547–588. https://doi.org/10.3102/0034654318759268

OCDE (2024). Résultats de TALIS 2024. Éditions OCDE.

Yeager, D. S. (2017). Social and emotional learning programs for adolescents. The Future of Children, 27(1), 73–94.

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Seel4Schools (Socio-Emotional and Ethical Learning for Schools)

Projet financé par le Fonds national suisse (programme Sinergia)

Le projet Seel4Schools (Socio-Emotional and Ethical Learning for Schools) vise à transformer l’école du XXIe siècle en développant un modèle intégratif articulant les besoins psychologiques fondamentaux des enfants (autonomie, compétence, proximité sociale), leurs droits (dignité, égalité, participation) et les compétences psychosociales, dans des environnements éducatifs hybrides intégrant le numérique. Fondé sur une approche systémique, le projet analyse les interactions entre ces différentes dimensions afin de mieux comprendre comment favoriser un apprentissage des compétences psychosociales et des droits de l’enfant à la fois ancré dans les pratiques pédagogiques et inscrit dans l’ensemble de l’environnement scolaire.

Le projet repose sur une démarche participative et interventionnelle, impliquant l’ensemble de la communauté éducative – élèves, enseignant·e·s, directions et parents – à toutes les étapes de la recherche, de l’analyse des besoins à la co-construction et à l’évaluation d’interventions. Cette dynamique collective vise une transformation durable des pratiques et du climat scolaire. Seel4Schools donne lieu à trois thèses doctorales complémentaires : l’une centrée sur les enseignant·e·s (Clémence Neven), l’une sur les parents (Elsa Goffart) et l’une sur les élèves (Ludivine Lenoir), permettant d’explorer les enjeux du projet auprès de chacun de ces publics cibles dans une perspective cohérente et intégrée.

Présentation détaillée du projet

Le projet Seel4Schools (Socio-Emotional and Ethical Learning for Schools) vise à transformer l’école du XXIe siècle en développant un modèle intégratif articulant les besoins psychologiques fondamentaux des enfants (autonomie, compétence, proximité sociale) issus de la théorie de l’autodétermination (Deci & Ryan, 2000 ; Ryan & Deci, 2020), leurs droits (dignité, égalité et participation) tels que conceptualisés dans le champ des droits de l’enfant (Lundy, 2007 ; Quennerstedt, 2011), et les compétences psychosociales (Organisation mondiale de la Santé, 1993), dans des environnements éducatifs hybrides intégrant le numérique.

Le projet s’inscrit dans le champ de l’apprentissage socio-émotionnel (SEL), dont les effets positifs sur le bien-être, l’engagement et la réussite scolaire ont été largement documentés (Durlak et al., 2011 ; Taylor et al., 2017), tout en intégrant explicitement une dimension éthique et fondée sur les droits de l’enfant. Il prend également en compte les environnements d’apprentissage hybrides, en reconnaissant que les expériences scolaires contemporaines s’inscrivent dans des contextes socio-technologiques imbriquant espaces physiques et numériques (Hrastinski, 2019) et considère les dimensions systémiques du climat scolaire (Cohen et al., 2009 ; Wang & Degol, 2016).

Seel4Schools analyse les interactions dynamiques entre élèves, enseignant·e·s, directions et parents afin de comprendre comment les droits des enfants et les compétences psychosociales s’articulent avec les pratiques pédagogiques, les relations et l’organisation scolaire. Le projet repose sur une méthodologie mixte et multi-acteurs, combinant analyses quantitatives et qualitatives, et s’inscrit dans une logique de recherche interventionnelle participative (Fraser & Galinsky, 2010 ; Muller et al., 2019). Les membres de la communauté éducative sont impliqués à toutes les étapes (compréhension des besoins, co-construction, prototypage et évaluation des interventions) dans une perspective de transformation durable et contextualisée du climat scolaire.

Enfin, le projet Seel4Schools donne lieu à trois thèses doctorales complémentaires, chacune centrée sur un public cible spécifique afin d’explorer les processus de manière différenciée mais intégrée : les enseignant·e·s (Clémence Neven), les parents (Elsa Goffart) et les élèves (Ludivine Lenoir). Cette structuration permet d’analyser finement les leviers d’action propres à chaque groupe tout en maintenant une cohérence d’ensemble, conformément à une vision écologique et collaborative du bien-être et de la justice à l’école. L’objectif est de produire des connaissances scientifiques intégrées et de co-développer des interventions évolutives susceptibles de soutenir le développement des compétences psychosociales et l’éducation aux droits de l’enfant au bénéfice de l’ensemble de la communauté éducative.

Références

Cohen, J.E.M., Mccabe, E.M., Michelli, N.M., & Pickeral, T. (2009). School Climate: Research, Policy, Practice, and Teacher Education. Teachers College Record, 111(1), 180–213. https://doi.org/10.1177/016146810911100108

Deci, E.L., & Ryan, R.M. (2000). ‘The “what” and “why” of goal pursuits: Human needs and the self-determination of behavior’, Psychological Inquiry 11, 227–68. https://doi.org/10.1207/S15327965PLI1104_01

Durlak, J.A., Weissberg, R.P., Dymnicki, A.B., Taylor, R.D., & Schellinger, K. (2011). The impact of enhancing students’ social and emotional learning: A meta-analysis of school-based universal interventions. Child Development, 82, 405–432. https://doi.org/10.1111/j.1467-8624.2010.01564.x

Fraser, M. W., & Galinsky, M. J. (2010). Steps in Intervention Research: Designing and Developing Social Programs. Research on Social Work Practice, 20(5), 459–466. https://doi.org/10.1177/1049731509358424

Hrastinski, S. (2019). What Do We Mean by Blended Learning?. TechTrends 63, 564–569. https://doi.org/10.1007/s11528-019-00375-5

Lundy L. (2007). ‘Voice’ is not enough: Conceptualising Article 12 of the United Nations Convention on the Rights of the Child. British Educational Research Journal, 33(6), 927–942. https://doi.org/10.1080/01411920701657033

Muller, I., Santer, M., Morrison, L. Morton, K., Roberts, A., Rice, C., Williams, M., & Yardley, L. (2019). Combining qualitative research with PPI: reflections on using the person-based approach for developing behavioural interventions. Res Involv Engagem 5(34). https://doi.org/10.1186/s40900-019-0169-8

Organisation Mondiale de la Santé (1993). Life Skills Education for Children and Adolescents in Schools. Genève : World Health Organization.

Quennerstedt, A. (2011). The construction of children’s rights in education – a research synthesis. The International Journal of Children’s Rights 19, 661–678. https://doi.org/10.1163/157181811X570708

Ryan, R.M., & Deci, E.L. (2020). Intrinsic and extrinsic motivation from a self-determination theory perspective: Definitions, theory, practices, and future directions. Contemporary Educational Psychology, 61, 101860. https://doi.org/10.1016/j.cedpsych.2020.101860

Taylor, R.D., Oberle, E., Durlak, J.A., & Weissberg, R.P. (2017). Promoting Positive Youth Development Through School-Based Social and Emotional Learning Interventions: A Meta-Analysis of Follow-Up Effects. Child Development, 88(4), 1156–1171. https://doi.org/10.1111/cdev.12864

Wang, M. T., & Degol, J. L. (2016). School Climate: A Review of the Construct, Measurement, and Impact on Student Outcomes. Educational Psychology Review, 28(2), 315–352. https://doi.org/10.1007/s10648-015-9319-1

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ETUCARE : promouvoir la santé mentale des étudiants

Titre de la thèse : Promouvoir la santé mentale des jeunes adultes : la régulation émotionnelle, le sommeil et l’engagement comme leviers clés d’une intervention numérique efficace.

La santé mentale des jeunes adultes représente un enjeu majeur de santé publique, marqué par une forte prévalence des troubles psychiques et des difficultés persistantes d’accès aux soins. Cette thèse vise à identifier les leviers clés d’une intervention numérique à la fois efficace et engageante pour promouvoir la santé mentale dans cette population. Elle s’appuie sur une méthodologie mixte combinant études quantitatives (étude pilote, essai contrôlé randomisé, analyses de médiation) et analyses qualitatives (entretiens avec étudiants et professionnels). Dans un premier temps, le travail établit les bases conceptuelles et empiriques de la recherche, en clarifiant les modèles contemporains de la santé mentale, en explorant les facteurs de vulnérabilité des jeunes adultes et en identifiant, au sein de la cohorte ETUCARE, des profils symptomatologiques différenciés. Ces résultats soulignent la nécessité d’interventions adaptées aux besoins spécifiques des sous-groupes d’étudiants.

Dans un second temps, la thèse développe et évalue le programme numérique multicomposants ETUCARE, conçu en réponse aux limites des dispositifs existants. L’essai contrôlé randomisé montre que les formats numériques, seuls ou hybrides avec accompagnement humain, améliorent significativement la détresse psychologique, le bien-être, le sommeil et les compétences de régulation émotionnelle. Si les différences quantitatives entre formats sont modérées, les analyses qualitatives soulignent le rôle central du soutien humain comme levier motivationnel et facteur de continuité d’usage, en particulier pour les étudiants les plus vulnérables. Les analyses de médiation identifient la régulation émotionnelle et la qualité du sommeil comme mécanismes transdiagnostiques majeurs du changement. L’ensemble des résultats soutient une approche graduée et personnalisée de la prévention numérique, intégrable aux politiques publiques de santé mentale.

Contact : Anne THEUREL (a.theurel@ireps-bfc.org)

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Adocare

Cette étude a pour projet de développer le programme numérique ADOCARE. Ce programme a pour objectif d’améliorer la santé mentale des adolescents en favorisant l’augmentation des facteurs protecteurs de la santé mentale et en promouvant des comportements favorables à la santé mentale chez les adolescents. Ce projet consiste en l’adaptation du programme ETUCARE initialement destiné aux étudiants, donc aux jeunes adultes, à une population de la tranche d’âge correspondant à la middle adolescence (Crone & Dahl, 2012), c’est-à-dire, à une population âgée de 14 à 17 ans.

Le programme ETUCARE est un programme numérique destiné à promouvoir la santé mentale des étudiants en renforçant leurs ressources psychologiques et individuelles grâce à des stratégies pratiques pour améliorer leur bien-être. Le programme utilise les thérapies cognitives et comportementales (TCC) pour modifier les comportements problématiques et les pensées automatiques, ainsi qu’une approche de psychologie positive pour promouvoir le fonctionnement optimal des personnes, en identifiant les conditions favorables à un état de bien-être durable. Le programme vise à réduire les facteurs de risque de troubles psychiques et à augmenter les facteurs de protection.

Le programme est issu d’une co-construction avec des étudiants lors de sessions participatives qui ont permis notamment de définir le nom du programme, la charte graphique, les thématiques et les intitulés des modules mais également la stratégie de communication autour du programme. C’est dans la même démarche de co-construction que se développe le programme ADOCARE, notamment à travers des focus groups réalisés en milieu hospitalier et en milieu ordinaire.

Responsables scientifiques du projet : THEUREL Anne (a.theurel@ireps-bfc.org) ; SHANKLAND Rebecca (rebecca.shankland@univ-lyon2.fr)
Pilotage du projet : THEUREL Anne (a.theurel@ireps-bfc.org) ; CHEMELLE Mathilde (Mathilde.Chemelle@chlcdijon.fr) ; Pierre BESSE (pierre.besse@chlcdijon.fr)

Références

Crone, E. A., & Dahl, R. E. (2012). Understanding adolescence as a period of social–affective engagement and goal flexibility. Nature Reviews Neuroscience, 13(9), Article 9. https://doi.org/10.1038/nrn3313

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WeCare : application mobile de promotion de la santé mentale des jeunes 18-25 ans

Le projet WeCare est né dans le prolongement direct du programme ETUCARE. L’application WeCare a été conçue comme une traduction mobile, interactive et engageante des enseignements des résultats de la recherche sur le programme Etucare. Gratuite, elle propose 6 parcours thématiques sous forme de randonnée-aventure, chacun comprenant une vidéo de psychoéducation en motion design, 4 à 5 activités pratiques de 5 minutes et un système de badges valorisant la progression. Les contenus s’appuient sur les approches issues des thérapies cognitivo-comportementales, de la psychologie positive et du renforcement des compétences psychosociales et des comportements favorables à la santé. Au-delà des parcours, WeCare intègre des fonctionnalités transversales visant à lever les freins identifiés dans ETUCARE : outils de monitoring quotidien (humeur et habitudes de vie), tests d’auto-évaluation, boîte à outils, notifications programmables et journal de bord avec suivi de progression.

L’application s’accompagne d’un guide d’accompagnement destiné aux professionnels et structures souhaitant l’utiliser en ateliers de prévention/promotion de la santé, proposant des repères pédagogiques et des modalités d’animation complémentaires pour favoriser l’engagement des jeunes adultes.

Pour plus d’infos : https://www.promotion-sante-bfc.org/projets/wecare
Contact : Anne THEUREL (a.theurel@ireps-bfc.org)

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Care Island : un jeu mobile pour aider les adolescents à prendre soin de leur santé mentale

Care Island est un jeu mobile gratuit de promotion de la santé mentale destiné aux adolescents de 12 à 17 ans. Conçu à partir des données probantes issues de la recherche en psychologie et en santé publique, il a été développé dans une démarche participative associant des jeunes à différentes étapes de conception, et les professionnels du Centre Hospitalier La Chartreuse afin d’en garantir la pertinence clinique et éducative. Il a été pensé comme un outil à la fois ludique, accessible et scientifiquement fondé. Le joueur y explore six îles thématiques pour restaurer l’Harmonia, cœur vibrant de l’archipel, en relevant des défis bien-être, en dialoguant avec des animaux totems et en réalisant de courtes activités inspirées des thérapies cognitives et comportementales, de la psychologie positive, et de la médecine du mode de vie. Depuis sa sortie en avril 2025, le jeu compte déjà un peu plus de 1000 téléchargements et suscite un intérêt croissant de la part des professionnels de santé, de structures jeunesse et d’acteurs institutionnels.

Dans une perspective de déploiement structuré, un guide d’accompagnement est actuellement en cours de création afin de permettre son utilisation en milieu scolaire, en structures de prévention ou en contexte de soin (individuel ou collectif). Ce guide proposera des trames d’ateliers clés en main, des outils d’animation et des supports pédagogiques pour renforcer l’engagement des jeunes et favoriser l’ancrage des compétences psychosociales dans le temps. Care Island s’inscrit ainsi dans une logique hybride combinant autonomie numérique et accompagnement humain, afin de soutenir durablement la santé mentale des adolescents.

Pour plus d’infos : https://www.promotion-sante-bfc.org/projets/care-island
Contact : Anne THEUREL (a.theurel@ireps-bfc.org)

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